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Les institutions du bien des sols, partie 1 : la création de la SAFER

31/10/2022

Les institutions du bien des sols, partie 1 : la création de la SAFER

Dans des posts précédents, on vous a parlé de services écosystémiques et d’économie de l’environnement.

Les grands enjeux de cette économie sont bien souvent les espaces, que beaucoup de parties prenantes souhaitent s’approprier.

Au travers de cette série d’articles, on aimerait revenir sur les institutions qui régissent la distribution des terres en France, car c’est vraiment là le cœur de la thématique de terres à Terre.

Mais avant de faire le bilan actuel, il faut remonter un peu en arrière pour mieux comprendre comment nous en sommes arrivé.e.s là.

On vous résume donc la première partie du livre-enquête de Lucile Leclair ‘Hold-up sur la terre’ court et très bien écrit sur ce sujet.

En France, la loi encadre (ou encadrait) relativement strictement la vente de terres cultivables.

Clairement le système a beaucoup changé depuis le moyen-âge, où il y avait d’un côté les serfs qui cultivaient la terre et les seigneurs qui la possédaient, possédaient le fruit du travail des serfs et ne leur rétribuaient que le minimum de ce dont ils avaient besoin pour survivre.

En 1789, révolution française, le statut de seigneur est envoyé aux oubliettes et les terres sont vendues aux enchères.

Sauf que, évidemment, les serfs n’ont pas les moyens de les acheter, et dans la majeure partie des cas ce sont les bourgeois qui se les procurent.

Le deuxième chamboulement arrive grâce à l’instauration du suffrage universel masculin en 1848 qui donne donc droit de vote aux paysans hommes – pour les femmes il va falloir attendre presque un siècle, soit 1944…-.

Et là, Léon Gambetta (président de la chambre des députés), se rend bien compte qu’il y a toute une tranche de la société qui a été oubliée jusque là et qu’il va falloir convaincre aux élections : à savoir, non pas ceux qui possèdent la terre, mais ceux qui la travaillent.

Donc il crée le crédit agricole en 1880 pour que ce soit beaucoup plus facile aux paysans d’emprunter de l’argent, et à des taux d’intérêt beaucoup plus bas. C’est le vrai premier tournant pour les travailleurs de la terre.

 

Alors qu’au début du 19e siècle, moins d’un quart des terres en France appartiennent aux paysans, cent ans plus tard c’est plus de la moitié.

[parenthèse : c’est aussi dû à l’essor de l’industrie qui a lieu à peu près en même temps qui fait que les bourgeois se désintéressent de la terre]

La période qui suit la deuxième guerre mondiale marque le deuxième tournant en faveur des paysans. En 1942, François Tanguy-Prigent, un paysan et résistant de l’époque fonde la « confédération générale de l’agriculture », un syndicat clandestin. Rapidement il se voit nommé ministre de l’agriculture.

C’est d’ailleurs après la seconde guerre mondiale que ce ministère prend énormément d’importance.

Après que la population française a connu la faim pendant la guerre, on se rend d’autant plus compte de l’intérêt de l’autosuffisance alimentaire du pays, qui repose presque tout entier sur les épaules des paysans.

C’est ainsi qu’en 1946 la loi sur le fermage est votée. C’est le deuxième tournant qui vient en appui des travailleurs de la terre. Avec cette loi le bail fermier (la « location » de la terre) est d’une durée par défaut de 9 ans, avec reconduction automatique et le propriétaire ne peut expulser le paysan que si c’est pour travailler la terre lui-même. Au travers de cette loi, les locataires deviennent des quasi-propriétaires de la terre.

Seulement il y a encore un ‘hic’, car dans ‘quasi’, cela veut bien dire que ceux qui travaillent la terre n’en sont toujours pas les propriétaires, et que bien trop souvent, lorsqu’une terre est mise à la vente, ce sont les plus aisés qui s’en emparent.

Cela change en 1960, lorsque Edgar Pisani, ancien résistant et alors ministre de l’Agriculture, promeut une loi qui lutterait contre la spéculation foncière qui a lieu à cette époque. On assiste alors à la création des Sociétés d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural, ou “SAFER” pour les intimes chargées d’intervenir dans les ventes de terres et d’accorder la vente en priorité aux agriculteurs.

Ces sociétés existent encore aujourd’hui, et c’est par elles que doivent encore passer les propriétaires et acquéreurs de terres.

Nous verrons dans le prochain post l’évolution qu’elles ont prises et pourquoi ce sont des enjeux cruciaux quand on regarde à quoi pourrait bien ressembler les paysages français dans les décennies qui viennent.

 

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La déviance entre l’économie des mesures de compensation et l’économie de l’environnement 2ème partie

24/10/2022

La déviance entre l'économie des mesures de compensation et l'économie de l'environnement (partie 2)

On voit bien que les enjeux en terme de biodiversité s’ils ne sont abordés qu’en terme de services rendus demeurent limités. Les notions de protection de la biodiversité et de protection des services écosystémiques ne se recoupent que partiellement.

Aborder les politiques publiques sous cet angle revient donc à abandonner des pans entiers de nature…

Car, premièrement, un service n’est qu’un service du point de vue de son bénéficiaire et cela peut évoluer avec le temps.

Deuxièmement, La notion de service relève du registre normatif (qui fait référence à une idée du bien) et non descriptif.

Troisièmement, les bénéfices doivent -ils être pensés de façon individuelle ou collective ? Subjective ou objective ? Encore faut-il que nos préférences concourent toutes à notre bien-être…

On en est donc arrivé à une instrumentalisation de la nature par l’équation suivante :

La nature a une valeur (de bien-être + économique) pour l’homme DONC elle a une utilité.

A partir de cette notion, Il y a certaines valeurs qui s’échangent directement sur le marché (les arbres, les droits d’entrée dans des parcs…) et on ramène la valeur des biens à ce qui les menace (cours du bois = valeur de la forêt ; cours du poisson = valeur des écosystèmes marins).

D’autres sont reliées à des coûts plus difficiles à déterminer: (ex : les coûts de transport pour arriver à un site exceptionnel ou le prix de l’immobilier quand le bien est dans une zone environnementale protégée).

D’autres valeurs sont mesurées en fonction du coût de substitution (ex : restauration d’une rivière versus création d’un bassin), ce qui évolue souvent avec le temps et les techniques.

D’autres valeurs sont posées sur un marché fictif (ex : combien seriez-vous prêt à payer/recevoir pour protéger/sacrifier…)…

La propagation de l’idée que toutes les valeurs peuvent être mesurables et quantifiables représente un vrai danger. Et on l’a vu dans un premier post, quelle valeur pour l’amitié ?

Par ailleurs, on parle de valeur au singulier, mais en économie on distingue la valeur d’usage (= une chose nous est utile) et la valeur d’échange (= son prix).
Or on sait qu’il y a des choses à forte valeur d’usage (l’eau) mais à faible valeur d’échange (un diamant) et vice et versa.

On se rend donc compte que toute évaluation monétaire ne rend pas bien compte de la valeur intrinsèque d’une chose et comme il n’y a pas de marché de la nature on ne parle jamais que de sa valeur d’usage, ce qui est incomplet.

C’est en confondant ces deux notions, qu’on finit par dire « il faut donner un prix à la nature pour pouvoir la protéger » (Le monde, 20/10/2010).

De son côté, la philosophie distingue la valeur intrinsèque (en soi) et la valeur instrumentale (= moyen pour atteindre une autre fin, comme l’argent). Donc quand l’économie entend estimer la valeur de la biodiversité, elle agrège des valeurs très différente qui n’ont pas toutes la même unité.
Et il faut impérativement différencier les valeurs quantifiables par des éléments extérieurs à nous. Or si notre identité est faite d’interactions complexes et permanentes avec la nature, comment la quantifier comme si elle était hors de nous ?

Ces évaluations trouvent encore plus leurs limites dans les valeurs culturelles, esthétiques, spirituelles ou morales.

Alors il y a-t-il une solution ?

Si on admet que les activités humaines sont la cause d’une transformation radicale et irréversible de la planète, et que le moteur de celle-ci est le moteur économique, rien ne sert de chercher une solution dans la logique qui pose le problème. Par contre si on reconnaît la multiplicité des valeurs accordées au monde naturel, si on souhaite les étudier dans leur diversité et développer des espaces et des prises en compte de celles-ci, alors il y a une voie.

Certains ont avancé le concept de paiements pour services écosystémiques (ou PSE). C’est un système qui vise non plus à condamner les mauvais acteurs, mais à récompenser les bonnes pratiques afin d’encourager les comportements favorables à la biodiversité.

Ce concept est séduisant mais pose d’autres questions : ce paiement est instauré pour quels services ? La protection d’un espace ne va-t-elle pas encourager la surexploitation d’un autre ? Quid de la pérennité de la mesure si l’incitation financière n’est pas renouvelée ? Comment évaluer l’effet de ces mesures ?

En France, la loi sur l’environnement de 1976, renforcée par les accords du Grenelle de l’environnement, oblige les porteurs de projets à EVITER puis REDUIRE leur impact sur les milieux naturels. Lorsque des dommages résiduels demeurent ils sont dans l’obligation de COMPENSER ces impacts. Aujourd’hui des opérateurs proposent sur le marché des actifs de nature pour permettre aux destructeurs de s’acquitter facilement de leurs obligations (ex de la CDC-Biodiversité en plaine de Crau ).

Ce système n’est pas optimum mais il permet de sauvegarder certains espaces remarquables a fort potentiel de régénération.

Donc à tout vouloir monétariser, on éloigne les gens de leur capacité à nouer une relation éthique avec le monde naturel. Et c’est cette capacité que terres à Terre veut développer.

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Qui était John Muir ? (partie 3)

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La déviance entre l’économie des mesures de compensation et l’économie de l’environnement 1ère partie

17/10/2022

La déviance entre l'économie des mesures de compensation et l'économie de l'environnement (partie 1)

Dans un précédent post nous avons évoqué le livre de Virginie Maris «  Nature à vendre ». On évoquait le petit glissement, insidieux, qui explique comment est né, au fil du temps, un droit à détruire nos écosystèmes et ce, en toute légalité quand la valeur économique d’un bien naturel est déclarée négligeable.

Intéressons-nous plus spécifiquement à son sous-titre « la limite de services écosystémiques ».

La politique de conservation sur la biodiversité en France naît avec le sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992. Les 176 Etats qui ratifient le traité s’engagent à protéger la biodiversité, à assurer une exploitation durable des ressources naturelles et à ouvrer à la distribution équitable des bénéfices qui en sont tirés.

Dans le préambule, les États se déclarent notamment conscients «  de la valeur intrinsèque de la diversité biologique, sur les plans environnemental, génétique, éducatif, social, économique, scientifique, culturel, récréatif et esthétique ».

C’est l’érosion de toutes ces valeurs sauf celle économique qui a conduit à la notion de services écosystémiques.

La notion de services écosystémiques est née, quant à elle, en 2005, après la conférence internationale sur la biodiversité. La même année, l’ONU publie un rapport (« évaluation des écosystèmes pour le Millénaire »), qui est censé faire le bilan de l’état des écosystèmes de par le monde mais qui en fait pose le bilan des bénéfices directement ou indirectement tirés par les sociétés humaines du fonctionnement des écosystèmes.

C’est à la suite de ce rapport que la notion de « services écosystémiques » commence à poindre et est souvent définie comme « un système relationnel qui relie un écosystème bénéfique et un individu (ou groupe) bénéficiaire».

Mais c’est occulter le fait que certaines fonction sont neutres ou ne représentent aucun bien pour les humains.

Et surtout cela met en exergue que tout est vu du point de vue de l’homme (lié à l’idéologie individualiste et libérale en vogue à l’époque).

Si on regarde le sujet à la loupe, à quel moment avons-nous perdu pied ?

Le glissement s’est fait par étapes, lentement : nous sommes d’abord passé d’une notion de diversité à celle des fonctions rendues par celles-ci : en effet, la biodiversité présente une diversité structurelle (beaucoup d’espèces différentes).

Mais par glissement on parle aujourd’hui de diversité fonctionnelle (Diaz et Cabido, 2001)(grand nombre de fonctions valorisées) qui rend mieux compte de la dynamique des milieux.

Mais dans la plupart de ces études, la diversité structurelle n’est pas appréhendée dans son ensemble (ce qui paraît très difficile), et la diversité fonctionnelle est difficile à mesurer. On a donc tendance à une généralisation.

Puis des fonctions, nous sommes passés à la notion de services : le glissement subtil entre fonction et service est, on l’a vu, un tour de force où les services sont présentés souvent comme un but des fonctions, ce qui n’est jamais le cas dans la réalité.

Un dernier glissement nous a amené des services à la protection de la biodiversité : si l’estimation selon laquelle seulement 103 espèces concourent à 90% de l’alimentation humaine végétale à travers le monde, qu’est-ce qui prouve que la protection de l’ensemble de la biodiversité soit le meilleur moyen de maximiser l’ensemble des services écosystémiques ?

Deuxième partie de ce post à lire dans une semaine, à la même adresse 😉

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Qui était John Muir ? (partie 3)

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Comment ours et humains sont-ils incroyablement liés ?

10/10/2022

Comment ours et humains sont-ils incroyablement liés ?

Après vous avoir fait découvrir le petit essai de Virginie Maris sur les services écosystémiques, nous aimerions aujourd’hui vous parler d’un livre que nous avons beaucoup aimé “l’ours, l’autre de l‘homme” de Rémy Marion.

Son auteur, Rémy Marion a presque 50 ans, donc c’est un “presque jeune” :).

Photographe, vidéaste, conférencier, guide naturaliste et organisateur de voyages, il est aussi auteur de nombreux ouvrages sur les régions polaires.

Vous avez sûrement croisé ses travaux, sans le savoir car il est également conseiller technique pour des émissions télévisées, comme Ushuaïa Nature.

L’ours polaire? C’est sa spécialité : photos, livres, film, exposition…

Dans ce tout petit ouvrage, très facile à lire, il étudie l’évolution des relations qui ont lié l’ours à l’homme…et vice et versa 🙂

On a eu un petit coup de cœur parce que ce n’est pas un énième livre qui prône les avantages du retour de l’ours ou au contraire les inconvénients que son retour présenterait.

On se trouve là au-delà de la polémique qui consiste à savoir si l’on est “pro” ours ou “contre eux”.

Vous avez en effet dû comprendre que terres à Terre tente d’explorer une nouvelle approche de la relation de l’être humain au monde vivant, en sortant de cette dualité que l’on croise malheureusement trop dans notre quotidien qui veut que les “les amis de mes amis sont mes amis” avec son triste corollaire qui énonce que “si tu n’es pas avec moi alors tu es contre moi”.

Ce petit livre ne vous demande pas de prendre parti.

Il est simplement une invitation à vous reconnecter à cet enfant que vous avez été, qui a sans aucun doute promené son ours dans toutes les pièces de la maison et dans le jardin, qui lui a conté ses malheurs aussi, parfois.

Il décrit très simplement les relations de l’Homme avec cet animal, au fil du temps, sans jugement de valeur ni moralité.

Si pour vous, comme pour nous, l’ours, c’est plutôt votre double resté sauvage, celui qui continue de nourrir votre imaginaire et celui de vos enfants, vous apprendrez sûrement plein de choses sur son histoire, ses habitudes alimentaires et ses capacités physiques en lisant ce livre !

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Comment les méthodes de rewildling ont-elles évolué au cours du temps ?

03/10/2022

Comment les méthodes de rewildling ont-elles évolué au cours du temps ?

La renaturation passive porte ses fruits.

Nous vous l’avions montré par l’exemple du “Monks Wood Wilderness” : une ancienne parcelle agricole de monoculture laissée en friche peut redevenir une forêt résiliente.

Cependant, d’autres méthodes de renaturation ont initialement été adoptées, aux Etats-Unis notamment.

Au départ, les trois piliers du ‘rewilding’ étaient :

  • les cœurs de parcs
  • les couloirs écologiques
  • et les carnivores

Les ‘trois C’ donc !

Des cœurs de parc sauvages strictement protégés avec des zones tampon en périphérie des parcs pour créer une zone vierge de toute activité humaine et non affectée par les activités voisines.

Des couloirs pour créer de la connectivité entre les parcs et ainsi favoriser les migrations et mouvements (animaux, végétaux, hydrauliques…) autrefois présents.

Des carnivores, et c’est ce pilier qui a le plus été contesté depuis.

Dans les années 90, les auteurs préconisaient la présence de grands carnivores (puma ou loups, comme l’exemple classique de la réintroduction des loups dans le parc du Yellowstone) dans les zones de ré-ensauvagement pour plusieurs raisons. 

Les carnivores sont à la fois au sommet de la chaîne alimentaire mais sont aussi le groupe qui requiert le plus de surface pour survivre. Leur présence était donc vue comme garante d’un espace suffisamment grand pour abriter un écosystème en équilibre.

Un retour de balancier a eu lieu la décennie suivante montrant, que, bien que les carnivores jouaient un rôle crucial dans l’équilibre des écosystèmes, les herbivores étaient bien plus importants dans le processus de ré-ensauvagement lui-même.

Aujourd’hui, à terres à Terre, nous souhaitons revenir à un juste milieu qui ne porterait pas l’attention sur un groupe animal en particulier.

Et d’ailleurs, qui n’imposerait pas non plus une hiérarchie entre les différents règnes du monde vivant, les animaux n’étant ni ‘supérieurs’ ni ‘inférieurs’ aux végétaux par exemple !

En revanche, en recréant de la connectivité entre les espaces, c’est l’équilibre des espèces (humains y compris) qui revient naturellement. C’est la méthode que nous employons !

Sources :

  • Foreman, Dave. (1998). The Wildlands Project and the Rewilding of North America. 76 Denv. U. L. Rev. 535
  • Johns, David. (2019). History of rewilding: ideas and practice*. 10.1017/9781108560962.002.

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Peut-on mettre un prix sur la nature ?

26/09/2022

Peut-on mettre un prix sur la nature ?

Voilà maintenant quelques posts que nous évoquons avec vous la notion de renaturation qui est l’art de laisser la nature revenir, à son rythme, à sa façon.

Mais cela s’oppose fortement à la tendance que l’Homme a développée de se penser maître de la nature.

Non seulement il est interventionniste et développe nombre de programmes pour la mettre à son service, mais il est allé bien plus loin, il lui a donné une valeur économique.

C’est ce que ce petit livret de Virginie MARIS nous explique en moins de 100 pages.

L’auteure est directrice de recherche au CNRS en philosophie de l’environnement, au sein du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive situé à Montpellier.

C’est dans notre ceinture verte et on n’en est pas peu fièr.e.s !

Derrière un sous-titre qui peut paraître compliqué, se cache en fait une théorie bien simple : les services écosystémiques représentent les bénéfices offerts à l’Homme par la nature.

Par exemple, on se pose la question de savoir “quel est l’avantage d’avoir une forêt?” et avec des calculs économiques complexes, on ajoute l’avantage tiré de l’exploitation du bois, de sa capacité à capter le carbone ainsi que le plaisir de s’y promener.

Cela nous permet de classer la forêt sur une échelle de valeur, au même titre qu’une rivière ou que des coccinelles etc…

Mais, dans ces réponses, la nature n’est considérée QUE sous le seul angle des bénéfices qu’en tirent les êtres humains.

On peut imaginer que la réponse d’un renard serait toute différente 😜.

De là, l’auteure explique que l’économie moderne laisse à penser que seules les choses qui procurent un avantage pour l’Homme ont de la valeur en elles-mêmes.

C’est ce petit glissement, insidieux, qui explique comment est né, au fil du temps, un droit à détruire nos écosystèmes et ce, en toute légalité quand leur valeur est déclarée négligeable.

Mais tout dans le monde doit-t-il forcément avoir une valeur économique pour l’Homme? 🤔

Il n’y aurait donc plus rien avec lequel il puisse nouer une relation désintéressée et qui ait de la valeur quand même?

C’est pour ça qu’à terres à Terre on a aimé cette lecture : nous prônons le fait de se relier au monde vivant dont nous faisons partie sans se poser la question de savoir s’ il peut nous servir et combien il peut nous rapporter.

Nous aspirons à développer l’idée d’une « communauté biotique » (Aldo Leopold (2000)) c’est-à-dire d’une parenté avec l’ensemble du vivant, à faire un pas de côté pour voir les choses sous un autre angle car il ne viendrait à personne de se demander à quoi sert son frère ou sa tante 😂.

Livre à retrouver aux éditions Quae, en cliquant ici.

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Comment j’ai changé de vie : témoignage d’une renaturationiste passive

19/09/2022

Comment j'ai changé de vie : témoignage d'une renaturationiste passive

Dans l’onglet « équipe » de notre site,  je vous ai décrit ce qui m’a conduit à m’engager au service du vivant.

Mais aujourd’hui, je voudrais surtout vous expliquer le sentier qui m’a conduit à la renaturation passive plutôt qu’à une autre forme d’action en écologie.

Autrice : Myriam Debris, présidente de terres à Terre

Issue de la fonction publique, j’ai été nourrie aux plan de gestion et à la programmation des actions de restauration écologique.

En tant que cheffe de projet, j’étais amenée à décider de la mise en œuvre de programmes nationaux, européens et internationaux de plusieurs millions d’euros.

Mon ego était flatté. Je me sentais importante pour l’environnement avec de tels moyens.

Mais au fil de ma carrière et des mutations qui l’ont accompagnée, je me suis rendue compte que chaque fois que j’arrivais dans un poste, les étagères étaient remplies de lourdes études environnementales diverses, que personne ne lisait.

Jusqu’au jour où j’ai pris le temps de me pencher sur les archives de la bibliothèque et que je me suis rendue compte que les mêmes études avaient été commandées à plusieurs années d’intervalle, parfois par le même bureau d’étude, pour arriver au même résultat…négatif.

Mais qui s’en souciait?

A ce moment, mon travail a subitement perdu de son sens.

J’ai alors fait le pari que ce que je pouvais faire à mon “petit” niveau de citoyenne, pouvait avoir plus de répercussion que ce que je mettais en place à coup de millions.

Je me suis humblement mise au service du vivant, au travers d’un bénévolat d’un an et demi dans un centre de soins pour la faune sauvage. Et à force d’observer, de regarder, je me suis faite discrète, retirée sur la pointe des pieds…et c’est là que j’ai eu les meilleurs résultats.

L’idée de la renaturation passive me semblait quand même folle : comment faire “rien” pouvait-il être plus efficace que de faire tant? Et pourtant. Faire “rien” n’est pas le comble de l’oisiveté, c’est la façon la plus épurée de vivre son environnement, en lui faisant confiance.

J’espère vous emmener avec moi dans cette folle aventure, parce que je sais que ça marche et que c’est une façon de vivre la nature.

Non seulement elle peut répondre, sans connaissance technique, aux enjeux qui se jouent pour nous en tant qu’Humains, mais c’est aussi un moyen à la portée de tous de faire un pas de côté, de changer son rapport au monde et d’arrêter de croire que la nature a besoin de nous.

Il faudrait au contraire enfin reconnaître humblement que c’est nous qui avons besoin d‘elle.

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Renaturation passive : un moyen rapide, économe et efficace

12/09/2022

Renaturation passive : un moyen rapide, économe et efficace...

…pour voir la nature revenir près de chez vous !

Dans notre précédent post, nous nous sommes familiarisé.e.s avec le concept de renaturation.

J’espère que c’est maintenant beaucoup plus clair pour vous 😜.

Mais un bon exemple vaut mieux qu’un long discours, alors laissez-nous vous présenter une étude réalisée dans le sud-est de l’Angleterre. Après de longues années d’observations, les résultats sont aujourd’hui disponibles ! Et quels résultats !

Le test a été mené sur une parcelle agricole. Il consistait dans le fait de la laisser se renaturer, sans intervention de l’homme, pour voir ce qu’elle pouvait devenir.

Et voilà qu’en à peine 53 ans, elle a été à même de retrouver une couverture végétale structurellement semblable à celle d’anciennes forêts avoisinantes.

C’est tout simplement inouï. 53 ans ! Cela ne nécessite pas des siècles !

Si vous commencez maintenant, vous pouvez en voir concrètement les effets au cours de votre vie ou, si comme certaines d’entre nous vous êtes quinquagénaire, vos enfants en profiteront directement !

C’est en particulier grâce aux vents, mulots, grives et geais que la dissémination de graines d’arbres et d’arbustes a pu avoir lieu.

Et, cerise sur le gâteau, ce qui est d’autant plus encourageant, c’est que la forêt résultante de cette renaturation passive est résiliente : en effet, elle est assez diversifiée pour faire face aux maladies et survivre aux passages d’herbivores.

Voilà une bonne nouvelle qui offre une solution simple, économique et durable pour étendre les surfaces forestières sur des parcelles propices et œuvrer pour la biodiversité.

Aucune connaissance technique particulière n’est nécessaire: c’est la magie de la renaturation passive : écoutez, observez, ça pousse!

Cet exemple nous démontre que quelque soit la taille et l’état initial de votre terrain, vous pouvez aussi œuvrer à votre niveau au retour de la nature et laisser éclore le potentiel de votre terre à devenir un petit paradis.

N’hésitez pas à nous solliciter, notre association est là pour vous accompagner en ce sens!

Article à lire sur The Conversation :

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Qu’est ce que la renaturation ? Un décodage terres à Terre

05/09/2022

Qu'est ce que la renaturation ? Un décodage terres à Terre

Alors que les termes de ré-ensauvagement et renaturation apparaissent de plus en plus dans les médias français, vous vous posez sûrement la question de sa signification, et à juste titre. En effet, même au sein de la communauté scientifique, ce terme relativement nouveau n’a toujours pas trouvé de définition unanime.

Le terme, qui est issu de la traduction de l’anglais ‘rewilding’, est apparu dans les années 2000 du naturaliste Dave Foreman à l’origine de la création du réseau Wildlands aux Etats-Unis. Le ré-ensauvagement ou renaturation désignait alors une sorte de restauration écologique appliquée aux zones anciennement dégradées par l’Homme.

A notre sens, renaturer est le fait d’ouvrir la voie à une nouvelle relation avec la nature, qui puisse être pérenne.

Plutôt que de se concentrer sur certaines espèces en particulier, la renaturation met l’emphase sur les processus naturels qui maintiennent les fonctions écologiques d’un milieu. Restaurer la fonction écologique d’un milieu dans son ensemble, qu’il s’agisse des sols, de la qualité de l’air, du retour des végétaux et la séquestration du carbone qui va avec, c’est tout cela à la fois !

Et l’avantage dans tout cela, c’est que dans la grande majorité des cas, ces processus n’ont besoin de rien ni personne pour se produire !

C’est donc aussi une approche économique et efficiente qui se veut participative et ouverte à tous.

Il s’agit donc de travailler ‘avec’ et non plus ‘contre’ la nature, sans dicter ce à quoi un milieu ‘devrait’ ressembler mais en restant ouvert aux évolutions de ce milieu.

En revanche, la renaturation, ce n’est pas une approche à taille unique qui mettrait systématiquement la nature sous cloche, loin des humains. Il n’est pas non plus question de rejeter l’agriculture ou les autres formes d’activités économiques rurales. La renaturation doit s’insérer dans une mosaïque d’utilisations diverses et variées du territoire français.

Si vous avez l’impression que tout cela est très compliqué, c’est parce que les procédés naturels sont complexes, mais la méthode de renaturation, elle, est très simple ! Il s’agit justement de laisser place à ces procédés en leur donnant le temps et l’espace dont ils ont besoin.

Quelques articles (en anglais) pour en apprendre plus :

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