26/09/2022

Peut-on mettre un prix sur la nature ?

Voilà maintenant quelques posts que nous évoquons avec vous la notion de renaturation qui est l’art de laisser la nature revenir, à son rythme, à sa façon.

Mais cela s’oppose fortement à la tendance que l’Homme a développée de se penser maître de la nature.

Non seulement il est interventionniste et développe nombre de programmes pour la mettre à son service, mais il est allé bien plus loin, il lui a donné une valeur économique.

C’est ce que ce petit livret de Virginie MARIS nous explique en moins de 100 pages.

L’auteure est directrice de recherche au CNRS en philosophie de l’environnement, au sein du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive situé à Montpellier.

C’est dans notre ceinture verte et on n’en est pas peu fièr.e.s !

Derrière un sous-titre qui peut paraître compliqué, se cache en fait une théorie bien simple : les services écosystémiques représentent les bénéfices offerts à l’Homme par la nature.

Par exemple, on se pose la question de savoir “quel est l’avantage d’avoir une forêt?” et avec des calculs économiques complexes, on ajoute l’avantage tiré de l’exploitation du bois, de sa capacité à capter le carbone ainsi que le plaisir de s’y promener.

Cela nous permet de classer la forêt sur une échelle de valeur, au même titre qu’une rivière ou que des coccinelles etc…

Mais, dans ces réponses, la nature n’est considérée QUE sous le seul angle des bénéfices qu’en tirent les êtres humains.

On peut imaginer que la réponse d’un renard serait toute différente 😜.

De là, l’auteure explique que l’économie moderne laisse à penser que seules les choses qui procurent un avantage pour l’Homme ont de la valeur en elles-mêmes.

C’est ce petit glissement, insidieux, qui explique comment est né, au fil du temps, un droit à détruire nos écosystèmes et ce, en toute légalité quand leur valeur est déclarée négligeable.

Mais tout dans le monde doit-t-il forcément avoir une valeur économique pour l’Homme? 🤔

Il n’y aurait donc plus rien avec lequel il puisse nouer une relation désintéressée et qui ait de la valeur quand même?

C’est pour ça qu’à terres à Terre on a aimé cette lecture : nous prônons le fait de se relier au monde vivant dont nous faisons partie sans se poser la question de savoir s’ il peut nous servir et combien il peut nous rapporter.

Nous aspirons à développer l’idée d’une « communauté biotique » (Aldo Leopold (2000)) c’est-à-dire d’une parenté avec l’ensemble du vivant, à faire un pas de côté pour voir les choses sous un autre angle car il ne viendrait à personne de se demander à quoi sert son frère ou sa tante 😂.

Livre à retrouver aux éditions Quae, en cliquant ici.

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