Renouer, c'est retrouver le lien unique de notre origine
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17/10/2022
Dans un précédent post nous avons évoqué le livre de Virginie Maris « Nature à vendre ». On évoquait le petit glissement, insidieux, qui explique comment est né, au fil du temps, un droit à détruire nos écosystèmes et ce, en toute légalité quand la valeur économique d’un bien naturel est déclarée négligeable.
Intéressons-nous plus spécifiquement à son sous-titre « la limite de services écosystémiques ».
La politique de conservation sur la biodiversité en France naît avec le sommet de la Terre, à Rio de Janeiro en 1992. Les 176 Etats qui ratifient le traité s’engagent à protéger la biodiversité, à assurer une exploitation durable des ressources naturelles et à ouvrer à la distribution équitable des bénéfices qui en sont tirés.
Dans le préambule, les États se déclarent notamment conscients « de la valeur intrinsèque de la diversité biologique, sur les plans environnemental, génétique, éducatif, social, économique, scientifique, culturel, récréatif et esthétique ».
C’est l’érosion de toutes ces valeurs sauf celle économique qui a conduit à la notion de services écosystémiques.
La notion de services écosystémiques est née, quant à elle, en 2005, après la conférence internationale sur la biodiversité. La même année, l’ONU publie un rapport (« évaluation des écosystèmes pour le Millénaire »), qui est censé faire le bilan de l’état des écosystèmes de par le monde mais qui en fait pose le bilan des bénéfices directement ou indirectement tirés par les sociétés humaines du fonctionnement des écosystèmes.
C’est à la suite de ce rapport que la notion de « services écosystémiques » commence à poindre et est souvent définie comme « un système relationnel qui relie un écosystème bénéfique et un individu (ou groupe) bénéficiaire».
Mais c’est occulter le fait que certaines fonction sont neutres ou ne représentent aucun bien pour les humains.
Et surtout cela met en exergue que tout est vu du point de vue de l’homme (lié à l’idéologie individualiste et libérale en vogue à l’époque).
Si on regarde le sujet à la loupe, à quel moment avons-nous perdu pied ?
Le glissement s’est fait par étapes, lentement : nous sommes d’abord passé d’une notion de diversité à celle des fonctions rendues par celles-ci : en effet, la biodiversité présente une diversité structurelle (beaucoup d’espèces différentes).
Mais par glissement on parle aujourd’hui de diversité fonctionnelle (Diaz et Cabido, 2001)(grand nombre de fonctions valorisées) qui rend mieux compte de la dynamique des milieux.
Mais dans la plupart de ces études, la diversité structurelle n’est pas appréhendée dans son ensemble (ce qui paraît très difficile), et la diversité fonctionnelle est difficile à mesurer. On a donc tendance à une généralisation.
Puis des fonctions, nous sommes passés à la notion de services : le glissement subtil entre fonction et service est, on l’a vu, un tour de force où les services sont présentés souvent comme un but des fonctions, ce qui n’est jamais le cas dans la réalité.
Un dernier glissement nous a amené des services à la protection de la biodiversité : si l’estimation selon laquelle seulement 103 espèces concourent à 90% de l’alimentation humaine végétale à travers le monde, qu’est-ce qui prouve que la protection de l’ensemble de la biodiversité soit le meilleur moyen de maximiser l’ensemble des services écosystémiques ?
Deuxième partie de ce post à lire dans une semaine, à la même adresse
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